SESSION DE RATTRAPAGE THÈME

L2 Semestre 3

CONSIGNES:

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Vous traduirez le texte ci-dessous en anglais, en respectant le registre et en faisant attention à l’expression qui entre en compte dans la notation.
Vous pouvez effectuer ce travail entre le 25 juin 2020 à 8h00, jusqu’au 27 juin 22h00.
AUCUNE COPIE NE DOIT ÊTRE REMISE SUR MOODLE. VOS COPIES DOIVENT ÊTRE ENVOYÉES PAR MAIL SOUS FORMAT PDF UNIQUEMENT. DANS L’OBJET DE L’ENVOI, PRÉCISEZ VOTRE NOM ET PRÉNOM, NUMÉRO D’ÉTUDIANT ET NUMÉRO DE GROUPE DE TD. 

georges.cliff@univ-reunion.fr!

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J’ATTIRE VOTRE ATTENTION SUR LE FAIT QUE LES COPIES NE COMPORTERONT AUCUNE ANNOTATION. ELLES FERONT L’OBJET D’UNE PRISE DE NOTES PERMETTANT DE JUSTIFIER DE LA NOTE ATTRIBUÉE, ET VOUS POURREZ DEMANDER DES EXPLICATIONS SUR CELLE-CI APRÈS LA FIN DE L’ÉPREUVE. 

Nous étions des enfants de la classe moyenne d'un pays moyen d'Occident, deux générations après une guerre gagnée, une génération après une révolution ratée. Nous n'étions ni pauvres ni riches, nous ne regrettions pas l'aristocratie, nous ne rêvions d'aucune utopie et la démocratie nous était devenue égale. Nos parents avaient travaillé, mais jamais ailleurs que dans des bureaux, des écoles, des postes, des hôpitaux, des administrations. Nos pères ne portaient ni blouse ni cravate, nos mères ni tablier ni tailleur. Nous avions été éduqués et formés par les livres, les films, les chansons -par la promesse de devenir des individus. Je crois que nous étions en droit d'attendre une vie différente. Nous avons fait des études -un peu, suffisamment, trop-, nous avons appris à respecter l'art et les artistes, à aimer entreprendre pour créer du neuf, mais aussi à rêver, à nous promener, à apprécier le temps libre, à croire que nous pourrions tous devenir des génies, méprisant la bêtise, détestant comme il se doit la dictature et l'ordre établi. Mais pour gagner de quoi vivre comme tout le monde, une fois adultes, nous avons compris qu'il ne serait jamais question que de prendre la file et de travailler. À ce moment-là, c'était la crise économique et on ne trouvait plus d'emploi, ou bien c'était du travail au rabais. Nous avons souffert la société comme une promesse deux fois déçue. Certains s'y sont faits, d'autres ne sont jamais parvenus à le supporter. Il y a eu en eux une guerre contre tout l'univers qui leur avait laissé entr'apercevoir la vraie vie, la possibilité d'être quelqu'un et qui avait sonné, après l'adolescence, la fin de la récréation des classes moyennes. On demandait aux fils et aux filles de la génération des Trente Glorieuses et de Mai-68 de renoncer à l'idée illusoire qu'ils se faisaient de la liberté et de la réalisation de soi, pour endosser l'uniforme invisible des personnes. Beaucoup se sont appauvris, quelques-uns sont devenus violents. La plupart se sont battus mollement afin de rentrer dans la foule sans faire d'histoires. Ils ont tenté de sauver ce qui pouvait l'être: leur survie sociale. J'ai été de ceux qui ont choisi de baisser la tête pour pouvoir passer la porte de mon époque - mais pas Faber, hélas ou heureusement.

Tristan GARCIA, Faber: le destructeur, 2013.